Patrick Drahi, propriétaire de SFR, envisage une stratégie audacieuse pour alléger la dette colossale de 24 milliards d’euros de son groupe. Selon BFMTV, il pourrait transformer SFR en un opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO), similaire à des acteurs comme NRJ Mobile ou La Poste Mobile. Cette manœuvre impliquerait la cession progressive des infrastructures clés de SFR, notamment ses fréquences, antennes et réseau mobile, réduisant ainsi l’opérateur à un simple fournisseur de services.
Cette proposition survient dans un contexte de négociations tendues avec les créanciers de Patrick Drahi. Ce dernier a déjà transféré des actifs stratégiques, tels que XPFibre, vers des entités basées au Luxembourg, compliquant les discussions. Les créanciers, qui visaient initialement une participation de 34 % au capital en échange de l’abandon d’un tiers de leurs créances, se voient désormais proposer seulement 18 %.
La transformation de SFR en MVNO serait une étape supplémentaire dans cette stratégie, plaçant les créanciers dans une position délicate. Ces derniers souhaitent une participation d’environ 25 % du capital et espèrent bénéficier des futures remontées de trésorerie, notamment via la vente potentielle du réseau fibre. Cependant, Patrick Drahi continue de manœuvrer pour conserver le contrôle de son empire, malgré les tensions croissantes avec ses créanciers.
La CFTC tient à exprimer ses profondes préoccupations face à la stratégie envisagée par la direction de SFR visant à transformer l’entreprise en opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO). Si cette initiative vise à réduire l’endettement du groupe, elle soulève de nombreuses questions quant à son impact sur les salariés, le maintien de leurs emplois, et l’avenir du savoir-faire technique de l’entreprise.
Impact sur l’emploi : une vigilance accrue
Historiquement, les restructurations au sein de SFR se sont traduites par des suppressions massives de postes et une dégradation des conditions de travail. La perspective de céder les infrastructures clés de l’entreprise – réseaux, antennes et fréquences – pourrait avoir des conséquences dramatiques pour de nombreux métiers techniques et opérationnels. Nous exigeons des garanties claires de la direction pour préserver l’emploi et accompagner les salariés dans cette transition.
Défense des compétences internes
La transformation en MVNO implique que SFR ne gérera plus directement ses infrastructures, ce qui met en péril le savoir-faire technique et stratégique des équipes en place. Ces compétences, construites au fil des années, sont essentielles pour maintenir la compétitivité et l’identité de l’entreprise. La CFTC s’opposera à toute décision qui pourrait dilapider cet héritage.
Dialogue social et transparence
La CFTC demande à la direction d’engager sans délai un dialogue social approfondi sur ce projet. Les salariés et leurs représentants doivent être consultés et associés à chaque étape de cette transformation. Nous exigeons des engagements fermes quant à la préservation des emplois, des formations adaptées pour les métiers impactés, et des mesures de reclassement en cas de besoin.
Responsabilité sociale de l’entreprise
Dans un contexte où les profits du groupe Altice continuent de bénéficier à ses actionnaires, nous rappelons que la responsabilité première de la direction est envers ses salariés. Une stratégie financière ne peut être mise en œuvre au détriment des femmes et des hommes qui font la force de SFR.
Défendre les salariés avant tout
La CFTC veillera à ce que l’intérêt des salariés reste au cœur de toutes les décisions. Nous resterons mobilisés pour garantir que cette transformation, si elle devait se concrétiser, s’accompagne de mesures justes, équitables et respectueuses des droits des travailleurs. Nous appelons également les pouvoirs publics à intervenir pour assurer une régulation équitable et protéger l’emploi dans ce secteur stratégique pour la France.
La CFTC rappelle qu’elle continuera à défendre une vision sociale et humaine de l’entreprise, où l’humain ne sera pas sacrifié au profit des seules logiques financières.





