Chères collègues, chers collègues,
Patrick Drahi et le consortium formé par Bouygues, Orange et Free se sont mis d’accord le 17 avril 2026 pour la vente de SFR pour 20,35 milliards d’euros. Sur le papier, tout semblait réglé.
Dans la réalité, cette opération ressemble davantage à une partie d’échecs à plusieurs dimensions qu’à une simple transaction : chaque pièce déplacée modifie l’équilibre global du dossier.
La signature définitive, initialement prévue mi-mai puis reportée au 5 juin 2026, pourrait encore glisser d’ici vendredi.
Plusieurs sujets restent en discussion :
- Le complément de prix : jusqu’à 650 millions d’euros supplémentaires pourraient être versés à Drahi selon certains critères de performance futurs. Le problème est de définir précisément quand, comment et pourquoi ? En clair : tout le monde est d’accord sur le principe de la prime, personne n’est d’accord sur le mode d’emploi. Pour la CFTC, elle doit en partie récompenser les salariés à tenir le paquebot à flot.
- Les investissements réseau : les acheteurs veulent éviter de récupérer un SFR en mode « batterie à 3 % ». Ils cherchent donc à imposer des niveaux minimums d’investissement dans les infrastructures.
- La concurrence : la grande bataille est désormais de savoir si le dossier sera examiné par l’Autorité de la Concurrence Française ou par la Commission Européenne. Les acheteurs préfèrent jouer le match à domicile, à Paris, plutôt qu’à Bruxelles, réputée plus sévère sur les opérations de consolidation.
Les différends actuels entre Drahi et Pereira : du duo mythique au divorce XXL
Autrefois, Patrick Drahi et Armando Pereira formaient un tandem aussi inséparable que le modem et la box. Aujourd’hui, c’est plutôt ambiance « réunion de copropriété qui dégénère ».
Les principaux sujets de conflit :
- Pereira réclame plusieurs centaines de millions d’euros, voire davantage selon certaines procédures, en estimant avoir été lésé dans ses participations et investissements au sein d’Altice.
- Plusieurs actions judiciaires sont en cours dans différents pays, avec des demandes de saisies d’actifs et des accusations croisées.
- L’affaire Pereira, née du scandale de corruption et de surfacturation qui secoue Altice depuis 2023, continue de produire des effets collatéraux sur SFR.
Dans une période où certains veulent réduire SFR à une équation financière, nous rappelons que notre Entreprise est avant tout une communauté humaine et un acteur essentiel pour les clients et pour l’aménagement numérique du territoire.
La CFTC continuera à se battre, avec vous et pour vous, pour que l’avenir de SFR se construise dans le respect de ses salariés.
Ensemble, restons mobilisés et vigilants.
L’ÉQUIPE CFTC



